Témoignages

En plus des articles scientifiques que je partage sur ce site, il me semblait indispensable de partager le vécu de participants que j’ai croisé lors des cycles de pleine conscience que j’ai eu la chance d’animer. C’est revenir ainsi à l’importance du vécu subjectif, au delà de ce que la science peut observer et confirmer.

Merci à eux pour leur partage d’expérience.

Témoignage d’E. (3 mois après la fin du programme):

« J’ai 63 ans, je suis à la retraite, après avoir travaillé plus de 40 ans auprès de populations enfants, adolescents et jeunes adultes porteurs de handicaps  (déficience, troubles de la personnalité, trouble de la conduite et du comportement, handicap social), ainsi qu’en accompagnement et soutien des familles et des équipes chargés de la prise en charge au quotidien.

J’évoque mon parcours professionnel pour faire le lien avec mes « débuts » en méditation.

Tant pour mon activité professionnelle que pour mon mieux être personnel, j’ai fait un travail thérapeutique, analytique et de supervision. Je pensais bien me connaitre, ou du moins pas trop mal. Quand j’ai commencé le stage de méditation j’ai constaté que certaines situations avec lesquelles je pensais avoir de la distance me débordaient, exacerbaient mes émotions, m’envahissaient.

Peu de temps après le décès d’un proche qui m’a terriblement affectée, je me suis mise à souffrir de douleurs articulaires difficilement soulageables. Après des investigations la Polyarthrite Rhumatoïde a été diagnostiquée.

Maladie auto-immune m’explique le médecin. Je n’entends qu’auto-immune, je traduis par psychosomatique et je rumine « pourquoi, comment, impossible », je fulmine, « ne pas me laisser envahir par cette maladie, je me la suis faite je vais m’en débarrasser ».

J’étais dans la toute-puissance, dans le déni, je partais en guerre, dominée par des flots de pensées négatives. En fait c’est maintenant que je peux faire ce constat, après m’être engagée vers la méditation en pleine conscience.

J’avais lu des ouvrages sur la méditation, avant même d’être atteinte par la maladie, et avait été sensibilisée par cette « activité ».

Je vis la méditation comme un moment ressource, un moment répit, le lieu où les soucis, la douleur, les douleurs sont là mais où la distance est possible et que profiter de la vie est possible.

(…)

Non ce n’est pas magique mais c’est magique quand même, non ce n’est pas facile mais c’est facile quand même (…). Je me suis entendu dire à une amie, qui me demandait comment j’allais, « je prends soin de ma maladie et de mes douleurs ». Aujourd’hui je ne suis plus dans refus, le combat, le rejet.

J’aime la pensée de prendre soin de ma maladie avec ses douleurs. Je la soigne, je lui consacre du temps quand elle se manifeste, j’ai le sentiment qu’elle me laisse du répit plus souvent et surtout je ne suis plus dévastée moralement quand survient une crise. »

Témoignage de P. (2 mois après la fin du programme):

« Ma démarche faisait suite aux difficultés rencontrées au quotidien avec mes 2 garçons (jumeaux 4 ans aujourd’hui): j’avais des montées irrépressibles de colère, parfois des pulsions de violence (contenues).
Au point que mon épouse m’a demandé de consulter notre généraliste, qui m’a orienté vers une psychologue, qui m’a elle-même orienté vers un psychiatre. Le diagnostic de ce dernier était sans appel : « vous souffrez d’un état anxio-dépressif, qui pourra être soulagé par des anti-dépresseurs ».
Je n’étais pas convaincu que des anti-dépresseurs agissent sur mon irritabilité et mon seuil de tolérance.
Ayant depuis longtemps adopté une discipline physique quotidienne qui agissait efficacement sur ma forme physique, je recherchais une discipline mentale pouvant agir de même sur ma « forme » mentale.
(…)
Arrivé en fin de cycle, je constate que mon attente est doublement satisfaite :
– je ressens un effet « immédiat » sur mon comportement : je ressens plus de tempérance et de maîtrise dans mes réactions, en particulier face à mes enfants,
– j’ai appris une discipline mentale comme je le souhaitais et je sais qu’en la pratiquant au quotidien, j’en récolterai les bienfaits. »