Méditation pleine conscience et infections respiratoires aiguës

Des études scientifiques précédentes ont montré que les personnes avec des niveaux élevés de stress, avec une plus grande réactivité émotionnelle, avec des événements de vie stressants récents étaient plus à risque de développer des infections respiratoires aiguës, qui sont le plus souvent d’origine virale. Dans ce sens, le programme MBSR et l’activité physique, qui sont recommandés maintenant dans la prise en charge de l’anxiété par la société américaine de médecine, semblent donc pouvoir être des interventions non médicamenteuses pertinentes pour favoriser la défense contre ces infections.

Une étude scientifique récente, publiée dans la très sérieuse revue PLOSone en 2018, a étudié l’effet d’un programme de réduction du stress basé sur la méditation pleine conscience (ou MBSR pour « Mindfulness Based Stress Réduction ») sur le risque d’infection aiguë respiratoire notamment d’origine virale. Dans cette étude, ce programme de méditation (MBSR) était comparé à un programme d’activité physique, ainsi qu’à un groupe « contrôle » qui ne méditait pas ni ne faisait d’activité physique.

Les auteurs de cette étude, nommée MEPARI-2, avait déjà réalisée une 1ère étude (MEPARI-1) qui avait montré que:

  • le groupe qui s’entraînait à la méditation (via un programme MBSR), comparé au groupe « contrôle » , avait une diminution de 33% de l’incidence, de 43% de la durée, et de 60% de la sévérité des infections respiratoires aiguës.
  • le groupe qui suivait le programme d’activité physique, comparé au groupe « contrôle » , avait une diminution de 29% de l’incidence, de 42% de la durée, et de 31% de la sévérité des infections respiratoires aiguës.

Dans cette seconde étude qui incluait au total 413 sujets (138 dans le groupe « contrôle », 138 dans le groupe « méditation », 137 dans le groupe « activité physique ») avec un âge médian autour de 50 ans, les chercheurs ont encore retrouvé une baisse de l’incidence, de la durée et de la sévérité globale des infections respiratoires dans le groupe « méditation » et dans le groupe « activité physique » par rapport au groupe « contrôle », mais l’effet était moindre que dans la 1ère étude, ce que les auteurs attribuent possiblement à un groupe de patients plus jeunes dans cette 2nde étude par rapport à la précédente.

A noter que l’origine virale des infections étaient prouvées dans 76% des cas dans le groupe « activité physique », 79 % des cas dans le groupe « méditation », 88% des cas dans le groupe « contrôle ».

Ils ont par aiilleurs montré avec cette nouvelle étude que le programme de réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR) diminuait plutôt l’incidence (le nombre de cas d’infections), alors que le programme d’activité physique diminuait plutôt la sévérité de ces infections.

Les résultats ont aussi à nouveau montré (comme dans d’autres études) que le MBSR, ainsi que l’activité physique, diminuait le stress, les symptômes dépressifs, et augmentait la qualité du sommeil.

Au total, cette étude apporte des arguments supplémentaires et complémentaires pour une réduction de l’incidence, de la durée, et de la gravité des infections respiratoires (le plus souvent virales) avec le programme de réduction du stress basé sur la pleine conscience (MBSR) ou un programme d’activité physique. Ces diminutions semblent similaires dans leur taille à celle induites par la vaccination anti-grippale, et sont d’autant plus importantes que les personnes seraient âgées et fragiles.

D’autres études de plus grande ampleur pourraient être effectuées afin de confirmer ces résultats.

Ces résultats semblent justifier le fait de promouvoir la méditation pleine consience et l’activité physique, comme des approches complémentaires permettant de diminuer l’incidence, la durée et la sévérité des infections respiratoires aiguës d’origine virale chez l’adulte.

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