La méditation pour les enfants à l’école

L’université de Bordeaux a publié en 2019 les résultats de la première étude francophone sur les effets de la méditation pleine conscience en milieu scolaire, réalisée en partenariat avec le Centre Bordeaux Population Health (BPH – unité Inserm et université de Bordeaux), l’Institut des sciences criminelles et juridiques (ISCJ), et l’association Enfance et attention.

Durant 8 semaines, des élèves en classe de maternelle jusqu’au CM2 ont bénéficié de la méthode d’Eline Snel « Calme et attentif comme une grenouille : l’attention ça marche ! ». L’étude menée par l’équipe du Pr Grégory MICHEL, portait sur l’évaluation de séances effectuées en classe par un instructeur formé, avec pour objectif d’étudier les comportements, les interactions en classe ainsi que l’évolution des capacités de concentration et d’apprentissage des élèves. Les effets de la méditation chez ces enfants étaient comparé à un groupe d’enfants qui ne suivait pas le programme.

Cette étude a permis de collecter de très nombreuses données auprès de plus de 300 enfants ainsi que de leurs parents et de leurs enseignants. Bien que les analyses statistiques ne soient pas encore totalement terminées, les chercheurs ont souligné tout d’abord que sur l’ensemble des élèves répartis de la moyenne section (MS) de maternelle jusqu’au CM2, l’intervention mindfulness agit après 8 semaines sur les problèmes émotionnels de type anxiété, stress et émotions négatives.

Mais c’est surtout sur les enfants présentant de fortes difficultés émotionnelles, comportementales avant intervention que les résultats sont les plus significatifs. Par exemple, ces enfants, qui sont surtout âgés entre 6 et 9 ans, arrivent à développer une meilleure présence attentive, ainsi qu’à bonifier les relations avec les copains. Lorsqu’ils sont en âge de répondre (à partir du CM1), les enfants relatent également un bien-être supérieur tant sur le plan physique, psychologique, familial que scolaire, une plus grande propension au bonheur et une baisse significative de l’anxiété.

Une limite de cette étude est le fait que le groupe « contrôle » n’était pas « actif » (le groupe « méditation » était comparé à un groupe « contrôle » d’enfants à qui rien n’était proposé). Est-ce donc bien la méditation qui est efficace, ou juste l’effet du groupe, des échanges entre les enfants lors de ces séances ou avec l’instructeur de méditation, ou encore l’effet d’une autre composante de l’intervention « méditation »?

Chez l’adulte, il a été montré dans plusieurs études que la mindfulness (méditation pleine conscience) avait des effets propres spécifiques sur la régulation émotionnelle, les ruminations, supérieures à des groupes contrôles actifs (relaxation, groupe de parole, éducation à la santé), mais cela reste à prouver chez les enfants.

Ces premiers résultats sur l’effet de la méditation chez les enfants en milieu scolaire en France sont donc intéressants mais nécessitent d’autres études avec comparaison à un groupe d’enfants qui feraient une autre activité pour pouvoir vraiment (relaxation, lecture, groupe de paroles, yoga, etc).

Article reprenant des éléments publiés sur le site de l’Université de Bordeaux

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