La méditation pleine conscience dans le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez l’adulte

Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est classé comme un trouble développemental de l’enfant qui peut persister jusqu’à l’âge adulte, affectant 2,5 à 4% de la population adulte. Les symptômes du TDAH chez l’adulte comprennent l’inattention, la distractibilité et la difficulté à rester organisé. Les médicaments psycho-stimulants (dérivés amphétaminiques), sont une option thérapeutique fréquente du TDAH chez l’adulte, complété par des thérapies cognitivo-comportementales. Certains adultes ne souhaitent pas prendre de médicaments, d’autres ont des effets indésirables liés aux médicaments, et d’autres n’arrivent pas à obtenir une rémission complète des symptômes malgré l’utilisation de ces médicaments.

En conséquence, il est intéressant de développer des approches non médicamenteuses en alternative ou en complément des approches médicamenteuses.

Les interventions basées sur la méditation pleine conscience peuvent être de bons candidats das une telle situation, car elles améliorent la régulation attentionnelle chez les populations en bonne santé et renforcent les régions du cerveau qui y sont associées.

Dans une étude récente publiée par Janssen et son équipe, dans le journal « Psychological Medicine », il a été testé l’efficacité de la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (« Mindfulness-Based Cognitive Therapy  » ou « MBCT ») en tant que traitement d’appoint pour les adultes atteints de TDAH dans une étude multicentrique, randomisée et contrôlée.

Les chercheurs ont recruté 120 participants (50% d’hommes, avec un âge moyen de 39 ans) provenant de trois cliniques hollandaises spécialisées en TDAH pour adultes, ainsi que par le biais d’un recrutement via des médias, de recommandations par des médecins et d’un groupe de soutien aux patients.

Les participants ont été assignés au hasard soit au traitement habituel (TH), soit au traitement habituel auxquel était ajouté la MBCT (thérapie cognitive basée sur la pleine conscience).

La TH (traitement habituel) consistait en des médicaments psychostimulants pour 59% des participants, tandis que 59% recevaient une psychoéducation, antérieure ou actuelle, et 55% recevaient un traitement psychosocial antérieur ou actuel. La MBCT a été proposée sous la forme de 8 séances de groupe hebdomadaires de 2,5 heures et d’une journée d’approfndissement de la pratique de 6 heures.

Des modifications ont été faites dans le format standard du MBCT: la durée des méditations a graduellement été augmenté à 30 minutes, et le support écrit relatif à la dépression a été remplacé par un support écrit abordant le TDAH. Il y avait aussi une plus grande emphase sur la pleine conscience dans la vie quotidienne, l’écoute attentive et la prise de parole consciente. Les participants ont été encouragés à pratiquer la méditation au domicile 6 jours par semaine.

Les participants ont été évalués au départ, après le traitement et à un suivi de 3 et 6 mois en utilisant à la fois des évaluations par les cliniciens et des auto-évaluations des symptômes du TDAH, ainsi que des mesures d’auto-évaluation de la fonction exécutive, du fonctionnement général et émotionnel, le bien-être social, la compassion envers soi-même et l’aptitude à la pleine conscience (en utilisant le Questionnaire de Mindfulness à Cinq Facettes ou « FFMQ »).

À la fin du traitement, les cliniciens ont noté que les participants à la MBCT présentaient beaucoup moins de symptômes de TDAH (Cohen, d = 0,41) que les témoins. Plus de participants MBCT (31%) ont été notés comme significativement amélioré cliniquement, que les participants TH (5%). Les différences évaluées par les cliniciens ont persisté et sont restées stables pendant le suivi de six mois.

Sur les mesures d’auto-évaluation, les participants au MBCT ont montré des améliorations significativement plus importantes dans les symptômes du TDAH (d = 0,37), la pleine conscience (d = 0,36), l’auto-compassion (d = 0,42) et le bien-être émotionnel et social (d = 0,32) que les patients du groupe TH. La différence entre les symptômes d’auto-évaluation du TDAH des 2 groupes a augmenté au fil du temps à 6 mois, en faveur du groupe MBCT. Le fonctionnement exécutif du groupe MBCT s’est amélioré dès la fin du MBCT et jusqu’au suivi de 6 mois, devenant statistiquement significatif à 6 mois (d = 0,49).

L’étude montre que la MBCT adjuvante au traitement habituel, atténue les symptômes du TDAH évalués par les cliniciens et autoévalués par les patients eux-mêmes, et améliore la pleine conscience, l’auto-compassion et le bien-être émotionnel et social, ces effets pouvant durer jusqu’à 6 mois.

Les limites de l’étude sont l’utilisation d’un groupe contrôle par traitement habituel, plutôt que d’un contrôle actif, en raison des variations possibles de TH entre les traitements, ainsi que le manque de contrôle pour l’attention supplémentaire reçue par le groupe MBCT.

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